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 الأم و العاهرة

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مُساهمةموضوع: الأم و العاهرة   الأحد نوفمبر 17, 2013 1:52 am






Alexandre, une sorte d’intellectuel désœuvré, désargenté et vivant chez (et plus ou moins aux crochets de) Marie, sa maîtresse (qui travaille dans une boutique de mode), se lève un matin et va retrouver son ancienne petite amie, Gilberte, lui offrant de l’épouser. Elle ne prend pas sa proposition au sérieux et le repousse. Plus tard, Alexandre croise le regard d’une fille sur la terrasse d’un café et lui demande son numéro. Il s’agit de Veronika, une infirmière.

Présenté au Festival de Cannes 1973, La maman et la putain y obtint le Grand Prix du Jury même si sa présidente, Ingrid Bergman, avait été choquée par les propos crus des dialogues. Il s’agit du film le plus célèbre de Jean Eustache, enfant doué de la Nouvelle Vague, auteur d’une œuvre en marge du cinéma dominant, et qui avait été remarqué pour le documentaire La rosière de Pessac. La durée du film, exceptionnellement longue pour un récit intimiste, ne comprend pourtant aucun plan de trop et se justifie pleinement par l’évolution psychologique des personnages principaux dont Alexandre, cet éternel adolescent à qui Jean-Pierre Léaud prête son caractère lunaire et volubile, à l’image de l’Antoine Doinel de Truffaut auquel on ne cesse de penser pendant ces 3h30. Il y a un côté proustien dans cette durée, ne serait-ce que par la figure de l’ancien amour, prénommée Gilberte, qui ouvre l’histoire et devient un élément récurrent de la narration, longue série de dialogues, souvent en plans séquences et fixes, depuis des retrouvailles dans un café à une déclaration en mariage. Car l’on parle beaucoup dans La maman et la putain, même si la composition des plans est prépondérante, comme si Eustache synthétisait les démarches de Rohmer avec celles de Godard ou Pialat. On y parle de ses états d’âme et des problèmes de l’air du temps, mais avec des conventions de langage d’un autre siècle : le vouvoiement est de mise entre Alexandre et Marie (Bernadette Lafont), entre Alexandre et Veronika (Françoise Lebrun), mais les deux femmes, pourtant rivales, se tutoient, comme si la complicité féminine l’emportait sur les rapports de conflit amoureux avec un dandy indécis. La sexualité, dont l’avortement (encore interdit pendant un an à la sortie du film), y est abordée en toute liberté, ce qui rattache ici le film à tout un courant du cinéma français de l’époque, de La grande bouffe aux Valseuses.

Mais les idéaux de la libération sexuelle de mai 68 semblent ici céder le pas à un désenchantement, le désarroi de Veronika (sublime monologue final de 10 minutes !) semblant une remise en cause de certaines utopies sentimentales. Il faut ici souligner la performance de Françoise Lebrun, comédienne lumineuse, que peu d’autres cinéastes sauront mettre en valeur, excepté Paul Vecchiali. Si La maman et la putain a un texte riche, le mot d’auteur à la Jeanson ou Audiard y est proscrit mais Eustache place dans la bouche de Léaud des répliques savoureuses : « Les jeunes cadres, les professions libérales ont remplacé les soldats », réplique Alexandre à son ami étonné de la disparition du mythe du beau légionnaire. « Une femme me plait parce qu’elle joue dans un film de Bresson » déclare aussi celui qui n’arrive pas à faire son deuil de l’amour de Gilberte, justement incarnée, d’un jeu atonal et distancié, par Isabelle Weingarten, l’actrice des Quatre nuits d’un rêveur... Car La maman et la putain grouille de références : on y loue Murnau et Nicholas Ray, on y décrie Les visiteurs du soir et La classe ouvrière va au paradis, Eustache, ancien des Cahiers, assumant pleinement la doxa contre la « qualité française » ou la « fiction de gauche » italienne. On y écoute aussi beaucoup de musique, de Fréhel à Mozart, de Damia à la pop, l’un des plus beaux moments étant ces trois minutes où Bernadette Lafont (impériale), écoute sans broncher Les amants de Paris de Piaf, un effet Koulechov faisant lire la détresse sur son visage face à un amour fuyant. Grand moment de cinéma d’auteur, La maman et la putain donne envie de redécouvrir Mes petites amoureuses et autres œuvres d’un cinéaste exemplaire, qui s’est donné la mort en 1981.








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